pixel

Ukraine-Russie : Genève n’apaise pas les divergences

Date:

Pages jaunes
Trans Afrique

Au terme de deux jours de pourparlers jugés « difficiles » à Genève, l’Ukraine et la Russie restent en profond désaccord sur des points clés du règlement du conflit, notamment les questions territoriales et la centrale nucléaire de Zaporijjia. Si des avancées sont évoquées sur le volet militaire et la mise en place d’un éventuel cessez-le-feu, l’absence de volonté politique commune continue de freiner toute perspective d’accord global.

Les positions ukrainiennes et russes « diffèrent » toujours sur des points clés, a indiqué mercredi le président Volodymyr Zelensky, après deux jours de pourparlers « difficiles » à Genève destinées à mettre fin à quatre ans de conflit en Ukraine. Ces négociations entre Ukrainiens, Russes et Américains ont pris fin mercredi matin à Genève après une brève rencontre lors de la seconde journée de ces discussions.

« On peut voir qu’un certain travail préparatoire a été fait, mais pour l’instant, les positions diffèrent » sur les questions « sensibles » des territoires et de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par l’armée russe, a déclaré M. Zelensky, après avoir avoir reçu un compte-rendu de la délégation ukrainienne.

Discussions divisées entre deux groupes

Ces discussions étaient divisées entre deux groupes de travail: l’un sur les aspects politiques du règlement du conflit, l’autre sur les aspects militaires. Concernant le volet militaire, M. Zelensky a affirmé que les deux camps s’étaient entendus sur la « quasi-totalité des points » pour la mise en œuvre et la surveillance d’un éventuel cessez-le-feu.

« Cette surveillance se fera assurément avec la participation des Américains. J’y vois un signal positif », a dit M. Zelensky. Mais il a également souligné qu’une telle trêve nécessitait au préalable une « volonté politique » commune, qui pour l’heure semble loin d’être acquise.

Le chef de la délégation russe, Vladimir Medinski a, lui, estimé que les négociations avaient été « difficiles mais professionnelles ». « Les négociations se sont déroulées pendant deux jours, elles ont duré très longtemps hier, sous formats différents, et environ deux heures aujourd’hui », a-t-il déclaré devant des journalistes russes de médias d’Etat.

Aucun « détail » ne pouvait être divulgué « à ce stade »

Le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, a affirmé qu’il y avait eu des « progrès », mais qu’aucun « détail » ne pouvait être divulgué « à ce stade ». Les parties ont travaillé sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.

Les négociations bloquent notamment sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel dans l’est de l’Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu’elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.

Volodymyr Zelensky a mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin d’accepter un cessez-le-feu et de négocier, et exclu, à ce stade, de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% de l’Ukraine.

Qualifiant également les négociations à Genève de « difficiles », M. Zelensky a accusé mercredi Moscou d’essayer de les « faire traîner en longueur ».

Cette seconde rencontre a eu lieu alors que la Russie a lancé dans la nuit de mardi à mercredi un missile balistique et 126 drones sur l’Ukraine, dont 100 ont été interceptés, selon l’armée de l’air ukrainienne.

Les trois délégations s’étaient retrouvées mercredi matin de nouveau à huis clos à l’hôtel InterContinental de Genève après des échanges « très tendus » la veille, selon une source proche de la délégation russe.

Des « conseillers » de quatre pays étaient présents 

Des « conseillers » de quatre pays européens, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie, étaient également présents à Genève mardi sans prendre part aux discussions.

Volodymyr Zelensky a affirmé mercredi que la participation de l’Europe aux pourparlers était « indispensable » pour s’assurer d’accords « faisables », tandis que Moscou voit dans les Européens le principal obstacle aux efforts devant aboutir à un « accord raisonnable » avec l’Ukraine.

Les discussions de Genève ont fait suite à deux récentes sessions de pourparlers à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, qui n’avaient pas débouché sur de grands progrès.

L’émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff a cependant salué mercredi l’avancée représentée par la poursuite de ce processus de négociation rassemblant Russes et Ukrainiens.

« Le succès du président Trump à réunir ensemble les deux parties de cette guerre a apporté un progrès significatif », a-t-il indiqué sur X.

Donald Trump, qui a fait part ces derniers mois de sa frustration tant envers Kiev que Moscou, fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022.

« L’Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement », a répété lundi soir le président américain.

© Agence France-Presse

- Pub -
Pages jaunes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Partager :

spot_imgspot_img

Populaires

Dans la même catégorie
Associé

Tensions avec l’Iran : Washington muscle son dispositif militaire

Les Etats-Unis déploient porte-avions, avions de chasse et milliers...

Nucléaire iranien : Washington hausse le ton face à Téhéran

Les Etats-Unis pressent l’Iran de conclure un accord sur...

Expulsions des États-Unis : Huit Africains arrivent au Cameroun

Huit immigrés africains, originaires du Sénégal, de Sierra Leone...

Iran et Ukraine: Effervescence diplomatique à Genève

Ballet de convois motorisés, manifestations, journalistes massés sur les...