À quelques jours du 14 février, les marchés de Douala se parent déjà des couleurs de l’amour. Entre soleil ardent, étals bien garnis et clients encore hésitants, les préparatifs avancent doucement.
Il est un peu plus de 10 heures ce 10 février à Akwa, précisément au marché chinois. Le soleil tape fort. Sous les parasols colorés, les commerçants s’éventent derrière des étals déjà envahis par le rouge. Cœurs, nounours, tasses, roses artificielles et paniers décorés attirent l’œil. La Saint-Valentin est partout, mais les clients tardent encore.
« Les gens regardent beaucoup, mais ils n’achètent pas encore vraiment », confie Mireille, vendeuse de gadgets depuis cinq ans. Elle ajuste un panier personnalisé, soigneusement emballé. Les prix sont donnés sans trop d’hésitation. Les paniers les plus fournis montent jusqu’à 30 000 francs. « les amoureux préfèrent de plus en plus les cadeaux personnalisés», assure-t-elle, confiante.
Au marché central et à Ndogpassi 3, le décor est presque le même. Les étals débordent de stylos d’amour, de bonbons, de parfums et de cartons cadeaux. Les prix sont accessibles. Une rose coûte entre 100 F et 1000 Fcfa. Un stylo d’amour se vend à 500 francs. « Ici, chacun trouve son compte selon sa poche», assure un vendeur, assis à l’ombre, éventail à la main.
« C’était avant !»
Parmi les rares acheteurs, les femmes dominent largement. Henriette et Marina, rencontrées devant un stand de nounours, fouillent calmement. Leurs choix sont précis. Elles achètent soit des roses, soit des bonbons. « C’est pour les enfants », explique Henriette avec un sourire. Pas question de cadeau pour le compagnon. Marina tranche sans à son tour : « Ça, c’était avant. » Une phrase dite sans avec une certaine lassitude. Comme pour dire qu’elle n’a aucune intention d’offrir un cadeau au soir du 14 février prochain.
Les hommes, eux, se font discrets, très peu s’arrêtent. Certains observent de loin, mains dans les poches, comme hésitants. « La Saint-Valentin c’est aussi pour les petites du dehors. Venez acheter pour elles, si vos femmes vous énervent », lance une vendeuse en riant.
Dans les marchés de Douala, la fête de Saint-Valentin se prépare donc à petits pas. Les étals sont prêts, mais il ne manque plus que l’élan des derniers jours pour transformer la curiosité en achats.
















