Médiateur du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, l’Angola appelle Kinshasa et le M23 à respecter un arrêt des combats. Cette proposition encore en attente d’acceptation donne de l’espoir pour calmer les tensions et rétablir la paix.
L’Angola, médiateur du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, a proposé un cessez-le-feu. La proposition concerne Kinshasa et le M23, groupe armé antigouvernemental. Ce cessez-le-feu, prévu à partir du 18 février, représente une avancée majeure après des mois de diplomatie et d’affrontements persistants.
Cette proposition de Luanda a été rendue publique dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi. Elle doit encore être acceptée par Kinshasa et le M23 soutenu par le Rwanda.
Selon un haut-responsable du groupe armé interrogé jeudi par l’AFP, le M23 est « disposé » à respecter un arrêt des combats à la condition que les forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) « cessent de tirer sur nous ». Sollicitée par l’AFP, Kinshasa n »était pas en mesure de faire un commentaire dans l’immédiat.
L’avancée proposée par Luanda survient par ailleurs peu après l’annonce d’un déploiement de Casques bleus dans l’est de la RDC, dans le cadre d’une mission de surveillance de la mise en œuvre d’un éventuel cessez-le-feu.
L’est congolais est en proie depuis trente ans
L’est congolais, riche en ressources naturelles et frontalier du Rwanda, est en proie depuis trente ans à des violences. Une demi-douzaine de cessez-le-feu et de trêves ont été déjà été signés depuis fin 2021 et la résurgence dans la région du M23. Ces accords ont systématiquement été violés dans la foulée.
Début 2025, le M23 et ses alliés se sont emparés coup sur coup des grandes villes de Goma et Bukavu au terme d’une offensive spectaculaire qui a mis en déroute les forces armées de Kinshasa.
Deux accords ont été signés depuis: une déclaration de principes sur un cessez-le-feu, à Doha, par le M23 et Kinshasa; et un accord dit « pour la paix et la prospérité », entériné en décembre à Washington, par la RDC et le Rwanda. Jusqu’ici, ces textes n’ont pas mis fin aux affrontements.
« J’espère que c’est le début de la réouverture progressive de cet aéroport de Goma au bénéfice de la population », a-t-elle ajouté. Le M23 s’était emparé en décembre d’Uvira, ville frontalière du Burundi, avant de s’en retirer sous pression de Washington.
Environ 7.000 Casques bleus sont présents dans l’est de la RDC. Leur base la plus proche d’Uvira est à Goma. La mission de l’ONU réclame des garanties de sécurité des parties au conflit avant l’envoi de ses contingents. Pour mener à bien cette mission, l’utilisation de l’aéroport de la ville serait nécessaire.
À la suite des accords de Doha et de Washington, les pourparlers ont été confiés à l’Union africaine. L’UA a désigné le président togolais Faure Gnassingbé à la tête de la médiation. Ce dernier a rapidement inclus son homologue angolais Joao Lourenço dans les négociations.
Une précédente tentative de médiation avait échoué
Fin 2024, une précédente tentative de médiation menée par le président Joao Lourenço, à la demande de l’Union africaine, avait échoué. Le sommet annoncé à Luanda devait rassembler le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame.
Un accord devait être posé sur la table mais M. Kagame ne s’était finalement pas rendu en Angola. On peut douter de la volonté des parties à parvenir à un accord négocié », estime Pierre Boisselet. Il ajoute que leur confiance réciproque semble également faible.
Pierre Boisselet est coordonnateur des recherches sur la violence à l’institut congolais Ebuteli, contacté par l’AFP.
Mais la pression de Washington et le retrait du M23 d’Uvira permettent d’espérer qu’un cessez-le-feu aboutisse, poursuit-il.
© Agence France-Presse
















