L’offensive anti-immigration de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, va prendre fin après deux mois de contestation intense, a annoncé jeudi l’émissaire de Donald Trump.
Depuis décembre, plusieurs milliers de policiers fédéraux – souvent masqués – ont multiplié raids anti-migrants et arrestations, suscitant la révolte de nombre d’habitants de ce bastion démocrate devenu l’épicentre de l’hostilité à la politique migratoire répressive du président américain.
« J’ai proposé, et le président Trump a accepté, que cette opération prenne fin », a annoncé l’émissaire de Donald Trump, Tom Homan, en conférence de presse. « Une réduction significative (des effectifs policiers) est déjà mise en oeuvre cette semaine et va se poursuivre au cours de la suivante. »
« Ca nous donne un petit peu d’espoir mais la peur reste« , confie à l’AFP une mère de famille mexicaine. Claquemurée depuis plus de deux mois dans l’appartement familial et qui ne compte pas encore en sortir. « Nous allons attendre de voir comment les choses se passent. On ne peut pas savoir s’il va y avoir d’autres arrestations. Nous voulons être sûrs« , explique la jeune trentenaire.
Après l’annonce, le maire démocrate de la ville, Jacob Frey, a exprimé son « espoir » . Et le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, du même camp politique, s’est dit « prudemment optimiste ».
Mort de deux citoyens américains
« Nous allons attendre de voir si c’est bien réel. Rester attentifs. Rester vigilants et observer ce qui va effectivement se passer », insiste auprès de l’AFP Jennifer Arnold, une habitante engagée auprès de ses voisins immigrés.
Le mouvement de contestation s’est amplifié en janvier avec la mort de deux citoyens américains. Tués par balles en pleine rue par des agents fédéraux à moins de trois semaines d’écart. Renee Good, une mère de famille de 37 ans, et Alex Pretti, un infirmier du même âge.
Leur mort a indigné à Minneapolis. Et à travers le pays, quand l’administration Trump est allée jusqu’à les qualifier de « terroristes ». Même l’ancien président démocrate Barack Obama, resté largement silencieux depuis le retour au pouvoir du milliardaire républicain, a appelé au « sursaut » . Face aux « attaques » perpétrées contre les valeurs des États-Unis.
Si l’opération d’envergure se termine, Tom Homan a précisé qu’il allait personnellement rester à Minneapolis . »Un peu plus longtemps » pour superviser sa conclusion.
« Un petit nombre de personnes restera sur place pendant un certain temps » également. Pour « transférer le commandement et le contrôle au bureau local« . Et « s’assurer que l’activité des agitateurs continue de diminuer », a-t-il ajouté, sans préciser combien.
Avant Minneapolis, d’autres villes démocrates comme Los Angeles et Chicago ont été ciblées par des offensives similaires. La liste risque encore de s’allonger, mais Tom Homan est resté évasif jeudi. En évoquant seulement un redéploiement des agents « vers leurs bases. Ou d’autres endroits du pays où ils sont nécessaires ».
Approche plus délicate
« Nous allons continuer à faire respecter la législation migratoire« , a insisté l’émissaire. Qui avait annoncé le retrait de 700 agents fédéraux sur environ 3 000 une semaine plus tôt. Confronté à l’indignation croissante face aux pratiques d’ICE. Donald Trump avait oscillé entre la nécessité d’une « approche plus délicate« . Et celle d’être « dur » dans la mise en œuvre de sa politique migratoire.
A Minneapolis, l’offensive anti-immigration a profondément bouleversé le quotidien, nombre d’habitants se terrant chez eux par crainte d’être arrêtés pendant que des milliers d’autres se mobilisaient pour leur venir en aide et continuaient à manifester, souvent malgré un froid polaire.
« Nous avons un long chemin à parcourir pour nous relever » et « reconstruire la confiance au sein de notre communauté« , souligne Jennifer Arnold, en évoquant des « membres de nos familles encore en détention ».
4 000 étrangers en situation irrégulière
Tom Homan a lui revendiqué une « ville plus sûre parce que nous avons arrêté 4 000 étrangers en situation irrégulière« . « Plus de 200 personnes » ont été arrêtées pour entrave à la mission de la police de l’immigration, a-t-il ajouté.
Depuis la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, l’opposition démocrate exige des réformes en profondeur du fonctionnement d’ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l’interdiction pour les agents de dissimuler leur visage, et l’obligation d’obtenir un mandat judiciaire avant l’arrestation d’un migrant.
© Agence France-Presse
















