À Douala, le prix du sel explose en quelques semaines. Le sac de 18 kilos, vendu il y a quelques semaines entre 2 800 et 3 500 Fcfa, se négocie désormais entre 5 500 et 6 000 F. Une flambée qui raréfie le produit sur les marchés et alourdit encore le panier des ménages.
Au marché de Ndogpassi ce 10 février, la chaleur est étouffante. Les allées sont animées, mais un produit manque à l’appel. Il s’agit du sel. Devant plusieurs boutiques, les sacs ont disparu. Sur huit magasins interrogés, seuls deux en proposent encore. Les autres attendent, impuissants.
« Les prix du sel ont trop monté », confie une commerçante, assise à l’intérieur de sa boutique. Le sac de 18 kilos, autrefois vendu entre 2 800 et 3 500 Fcfa, coûte désormais entre 5 500 et 6 000 F. « Il y a même eu un moment où certains vendaient même à 8 000 F », ajoute-t-elle, visiblement choquée. Elle a fait le choix d’arrêter la vente. « J’attends que ça baisse. Sinon, les clients se fâchent contre nous. »
Chez les détaillants, la situation est tout aussi tendue, car les quantités ont été réduites. Le petit sachet de 100 F est passé à 200 f. Une hausse brutale. Les vendeuses, autrefois présentes à chaque coin du marché, ont presque disparu. Leur célèbre appel, « n’oubliez pas le sel », ne résonne plus. « On ne peut plus vendre comme avant », souffle l’une d’elles, convertie désormais dans la vente d’épices.
« Ça vient encore saler l’addition »
Au marché central de Douala, le constat est identique. Le sel est rare et cher. Là où il est disponible, le sac se négocie entre 5 000 et 6 000 F. Maman Jacky, commerçante bien connue, écoule ses deux derniers sacs à 5 500 F « On m’a dit que ça va revenir bientôt », rassure-t-elle, sans trop y croire. « Mais pour le moment, on fait avec ce qu’on a. »
Pour les consommateurs, cette flambée est un coup de plus. « Ça vient encore saler l’addition », lâche Alice Berthe, visiblement excédée. Elle s’interroge. « On nous interdit le cube. Maintenant, même le sel devient difficile à trouver. Ils veulent qu’on mange quoi alors ? » Cependant, malgré la colère, personne ne sait expliquer l’origine réelle de cette pénurie.
Le ministère du Commerce avait pourtant rassuré
Pourtant, le 27 janvier dernier, le ministère du Commerce rassurait les consommateurs sur la disponibilité du sel. « Les consommateurs camerounais peuvent dormir sur leurs deux oreilles. L’approvisionnement en sel raffiné, produit de consommation courante indispensable dans tous les ménages, ne connaîtra aucune rupture. Au total, ce sont 50 000 tonnes de sel brut qui vont affluer sur le territoire national dans les trois prochaines semaines. Une fois raffinées, ces quantités permettront de satisfaire amplement la demande intérieure et de maintenir la stabilité des prix à la consommation. Les ménages camerounais pourront ainsi continuer à s’approvisionner normalement en ce condiment essentiel à l’alimentation quotidienne. L’opinion publique peut ainsi être rassurée : le sel ne manquera pas dans les cuisines camerounaises ».
















