Donald Trump propose un nouveau “Conseil de paix” qui vise à rivaliser avec l’ONU, en concentrant les pouvoirs entre ses mains et en imposant un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent. Une initiative jugée controversée par de nombreux pays, qui s’interrogent sur sa légitimité et sa portée internationale.
Donald Trump veut créer un « Conseil de paix » à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU, avec un ticket d’entrée d’un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une « charte » dont l’AFP a obtenu une copie lundi.
La Maison Blanche avait annoncé qu’en vertu du plan pour mettre fin à la guerre à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé.
Une invitation
Depuis ce week-end, plusieurs pays ont commencé à dévoiler avoir reçu une invitation pour y participer. Parmi eux figurent la France, l’Allemagne et le Canada. Mais des pays au-delà des alliés traditionnels des États-Unis ont aussi été contactés.
Le Kremlin a indiqué lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à se joindre au Conseil de paix. Le projet de charte révèle une initiative au mandat bien plus vaste que la seule question de Gaza. Il semble faire du Conseil un véritable substitut aux Nations unies.
Donald Trump le « premier président du Conseil
Donald Trump sera le « premier président du Conseil de paix », avec des pouvoirs très étendus. Il est seul habilité à inviter d’autres chefs d’État et de gouvernement à rejoindre l’organisation. Il peut révoquer leur participation, sauf en cas de veto par une majorité des deux tiers des États membres.
Son mandat ressemble à une présidence à vie.
Il peut se désigner un successeur à tout moment. Il ne peut être remplacé qu’en cas de démission volontaire ou d’incapacité. Cette incapacité doit être constatée à l’unanimité du conseil exécutif, formé à sa discrétion.
Les décisions sont prises à la majorité des États membres, qui ont chacun une voix.
Mais elles sont aussi soumises à l’approbation du président.
Cela lui confère de facto un droit de veto.
Il contrôle également l’agenda du Conseil.
Chaque État membre exerce un mandat
« Chaque État membre exerce un mandat d’une durée maximale de trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s’applique pas aux États membres qui versent plus d’un milliard de dollars comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la Charte », ajoute le texte, sans plus de précisions.
La Maison Blanche n’a pas publié la liste des pays invités. Plusieurs capitales ont elles fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d’invitation, sans forcément dire s’il comptait l’accepter ou non. Moscou a ainsi dit vouloir « clarifier toutes les nuances » de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.
La France « ne peut donner suite »
La France « ne peut donner suite » à ce stade, a indiqué lundi soir Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française. Le gouvernement allemand a, lui, exprimé la nécessité de se coordonner avec ses partenaires. Parmi les autres pays ayant communiqué sur l’invitation figurent l’Italie, la Hongrie et l’Albanie.
On retrouve aussi l’Argentine, le Brésil et le Paraguay. Également concernés : l’Égypte, la Jordanie et la Turquie. La Grèce, la Slovénie, la Pologne et l’Inde ont aussi été mentionnées. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été invitée. Elle réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.
Le roi du Maroc rejoindra le conseil en tant que « membre fondateur », a pour sa part indiqué la diplomatie marocaine. Selon la « charte » du « Conseil de paix », elle est censée « entrer en vigueur » quand seuls « trois Etats » l’auront signée.
© Agence France-Presse
















