Le Dr Armand Kalefack est médecin spécialiste en sécurité et santé au travail. Il est aussi consultant en qualité de vie et conditions de travail, médecin de famille et DIU en diabétologie. Il officie dans plusieurs cliniques de référence dans la ville de Douala, son approche dans la prise en charge fait revenir les patients.
Avec lui, on parle du médecin du futur dans l’hôpital du futur également. A la première rencontre, vous avez l’impression de vous connaitre depuis de longues dates. Et les noms des patients sont dans la tête. « C’est une valeur sur laquelle le pays doit compter pour révolutionner la prise en charge des malades. Je suis venu avec une situation de diabète, mais la prise en charge était tellement naturelle, sans trop d’interdits. Et tout se passe bien », va déclarer dame Armelle Epéti. Ses collaborateurs ne tarissent pas de compliments pour lui. Pour dire vrai, ce jeune médecin soigne différemment.
Le médecin de demain, dans l’hôpital de demain
Pour moi le médecin de demain dans l’hôpital de demain doit être quelqu’un qui va au-delà de simples clichés d’une personne qui regarde les patients du haut. Il doit être à l’écoute du patient. Parce qu’en fait, avec l’avènement de l’intelligence artificielle et l’internet, beaucoup de gens consultent les sites, donc quand ils viennent à l’hôpital, ils ont besoin de voir devant eux quelqu’un qui est capable d’écouter leurs points de vue et d’en tenir compte. Donc le médecin de demain, c’est celui qui est à l’écoute de son patient. Qui lui donne la possibilité de s’exprimer librement. Qui tient vraiment compte de son avis, et l’aide dans le processus de la guérison. Le médecin de demain ne doit plus être comme un donneur d’ordre. Il doit être comme un éducateur, quelqu’un qui accompagne, qui aide à briser les idées préconçues, qui aide à renforcer le capital assurance et santé de son patient. Donc le médecin de demain doit penser éducation sanitaire, écouter son patient, penser l’accompagner.
Hôpital général de Douala : L’approche des soins plus ciblés
Humaniser les soins
Quand on dit humaniser les soins, ce n’est pas seulement faire des soins gratuitement. C’est faire des soins de façon humaine. L’humain n’est pas un algorithme où il vient comme une machine enfin il te sort une ordonnance, non ! Humaniser veut dire, écouter la personne, tenir compte de son environnement. Etre humain envers lui. Lui demander des choses en tenant compte de la personne qu’on a en face, savoir l’accompagner. Lui donner ce côté tendresse. Cette oreille dont il a besoin. Ce que la machine ne pourra jamais faire.
La médecine est avant tout une œuvre bénévole, c’est une œuvre philanthropique a la base et dans son concept. C’est pour cela qu’à l’époque, selon Hippocrate, c’était un domaine qui devait être réservé à la classe noble. Il le disait parce qu’il se disait que si le médecin n’a plus le souci de qu’est-ce qu’il va manger, qu’il avait déjà assez pour pouvoir s’occuper de ses besoins, il pouvait mieux être à l’écoute du patient. Il peut mieux aider le patient. Un médecin doit être d’abord philanthrope, c’est-à-dire capable de sortir du moule de la machine du système pour pouvoir se rapprocher du patient et lui apporter le soutien et l’aide qui seront personnalisés à son cas.
Le patient dans l’hôpital de demain
C’est celui-là qui, quand il arrive à l’hôpital, il a envie de se sentir rassuré. Et ça commence depuis l’entrée avec un bonjour, qu’est-ce que vous avez besoin. Bien l’installer. Lui expliquer les orientations utiles. Le médecin en retour doit connaitre ses patients et leur montrer qu’ils sont des personnes spéciales. Il doit avoir la même attitude avec tous ses patients, qu’ils soient riches au pauvres, grands ou petits. Quand le patient vient à l’hôpital, il vient chercher des hommes et non des machines.
Si je n’étais pas médecin….
Agé de 37 ans, il raconte ses motivations : « Depuis tout jeune, je n’ai jamais eu deux alternatives. Si je n’étais pas médecin, je ne savais pas ce que j’aurais été d’autre. Donc c’est un métier qui, pour moi, m’est venu naturellement. C’est vrai que j’ai eu aussi une influence surtout de ma mère qui était infirmière très dévouée à sa tâche, reconnue dans son hôpital comme étant maman gentille, toujours à l’écoute, toujours en train de se sacrifier pour ses patients. Elle a passé plus de 40 ans sans jamais prendre de congés. Quand je sortais, je voyais comme les gens l’appréciaient. Cela m’a marqué », raconte le Dr Armand Kalefack, dont le sourire ne quitte jamais.
















