S’adressant hier à la jeunesse, Paul Biya dans son discours, a promis des chamboulements à la tête de certaines entités étatiques.
Comme d’ordinaire, le chef de l’État s’est adressé à la jeunesse. Dans son discours aux jeunes de ce 10 février, Paul Biya n’a pas caché sa détermination à rajeunir profondément la direction des entreprises publiques au Cameroun. Auparavant, le chef de l’État avait déjà annoncé la présence des jeunes dans le prochain gouvernement qui tarde.
Aujourd’hui, Paul Biya pense aussi que la direction des entreprises d’État doit aussi connaître une cure de jouvence. Certains directeurs ayant passé entre 10 voire 20 ans à la tête de ces sociétés parapubliques. Il en est aussi des conseils municipaux, bien que la date des élections locales soit toujours inconnue.
Outre cette annonce, l’Agriculture, le numérique et la politique ont constitué l’épine dorsale du discours présidentiel. A l’occasion de cette 60ᵉ édition de la fête nationale de la jeunesse. Sur le premier point, il dit être conscient des difficultés que les jeunes ont à trouver un emploi. Et les encouragent à l’entrepreneuriat.
L’agriculture est un secteur cité en exemple. Il promet d’ailleurs un fond de 50 milliards Fcfa en faveur des initiatives jeunes. Ainsi que des exonérations fiscales pour les entreprises qui vont recruter des jeunes.
Contradictions
Sur le 2ᵉ point, Paul Biya invite les jeunes camerounais à faire un usage conscient et optimum des réseaux sociaux. A s’éloigner des stupéfiants et invitent les parents à veiller à l’éducation de leurs enfants. Pour terminer, le locataire d’Étoudi fait encore des promesses. Des jeunes sont au cœur de son septennat, le remaniement ministériel annoncé en fin d’année reste d’actualité. Et un léger réajustement devrait précéder la tenue des élections municipales et législatives à venir.
Selon des observateurs de la scène politique, ce discours est truffé de « contradictions ». Face à la réalité vécue par la jeunesse. « …..À chaque grande adresse à la nation, notamment lors de la Fête de la jeunesse, les mêmes promesses sont réaffirmées. »
Insertion socioprofessionnelle
« Création d’emplois, promotion de l’entrepreneuriat, insertion socioprofessionnelle, participation à la vie publique. Pourtant, pour une grande majorité de jeunes Camerounais. Ces paroles contrastent fortement avec la réalité quotidienne qu’ils vivent », observe Charles
Pour Armel Mbatchou, ex-animateur d’Equinoxe Télévision, « les contradictions entre les discours du chef de l’État. Et la réalité vécue par la jeunesse camerounaise posent une question centrale. A quand le passage des mots aux actes ? La jeunesse n’attend plus des slogans. »
Mais « des politiques cohérentes, inclusives et mesurables. Elle réclame un environnement où le mérite est valorisé. Où les libertés sont respectées et où l’avenir ne se résume pas à l’attente ou à l’exil ».
Aujourd’hui hors du territoire national, il pense que, « tant que ce fossé persistera, les discours, aussi bien formulés soient-ils. Continueront d’être perçus comme déconnectés des réalités quotidiennes. Or, une nation qui ne répond pas aux aspirations de sa jeunesse prend le risque de compromettre durablement son propre avenir. »
















