Controverse autour du Nobel de la paix : Donald Trump a jugé mardi que ce serait “une insulte” contre les États-Unis s’il ne recevait pas le prix Nobel de la paix. Il s’exprimait devant les généraux et amiraux américains réunis à Quantico, près de Washington, évoquant son plan de paix pour Gaza et ses efforts diplomatiques.
« Ils le donneront à un gars qui n’a rien fait du tout », a dit le président américain, qui se vante d’avoir mis fin à de multiples conflits, en ajoutant devant ce rassemblement très inhabituel de hauts gradés : « Ce serait une grande insulte à notre pays. »
Donald Trump répète très souvent que nul ne mérite plus que lui d’être distingué par le comité Nobel.
Il se vante en particulier d’avoir mis fin à sept guerres depuis son retour au pouvoir, même si son intervention a été minimale, voire inexistante dans certains conflits qu’il évoque.
Mardi, il a déclaré que la liste pourrait passer de sept à huit conflits résolus, voire plus. Selon lui, tout dépend de la mise en œuvre du plan de paix qu’il vient de proposer pour Gaza. Ainsi, il continue à valoriser son rôle dans les négociations internationales.
“Si le conflit dans le territoire palestinien prend fin, cela fera plus de huit guerres arrêtées”, a-t-il assuré. Il a ajouté : “Je m’en compterai deux ou trois de plus pour celle-là.” Ainsi, il met en avant son rôle dans la résolution de conflits, même de manière discutable.
– Une candidature controversée face aux critères du Nobel –
Les observateurs jugent les chances du président américain de recevoir le prix Nobel de la paix cette année comme quasi nulles. En effet, son profil et ses actions récentes semblent en décalage avec les critères du comité Nobel.
“C’est totalement impensable”, affirme Oeivind Stenersen, historien spécialiste du prix Nobel. Selon lui, le président américain est, à bien des égards, à l’opposé des idéaux que ce prix représente. Interrogé par l’AFP, il ne cache pas son scepticisme face à une telle nomination.
Il rappelle que le prix Nobel de la paix soutient la coopération internationale. Il cite notamment des organisations comme l’ONU. Or, Donald Trump a violemment critiqué cette institution la semaine dernière, lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Cela n’a pas empêché plusieurs gouvernements d’annoncer publiquement leur soutien au président américain. Ce dernier, sensible aux marques de reconnaissance, accueille volontiers ce type d’initiatives. Ainsi, les nominations deviennent parfois des gestes diplomatiques autant que symboliques.
C’est le cas pour le Cambodge, Israël ou encore le Pakistan.
Des milliers de personnes peuvent proposer un candidat au prix Nobel de la paix. Parmi elles, on trouve des parlementaires, des ministres, certains professeurs d’université, les membres du comité Nobel et même des anciens lauréats. Ainsi, le champ des parrains est vaste et diversifié.
La nomination devait être déposée avant le 31 janvier pour le prix 2025, qui sera annoncé le 10 octobre.
Le comité Nobel garde confidentielle la liste complète des candidats au prix Nobel de la paix. Toutefois, certains parrains ou marraines peuvent révéler leurs propres nominations. En revanche, le nombre total de candidats est public. En 2025, on compte 338 candidatures : 244 individus et 94 organisations.
Source : Agence France-Presse
















