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Commémoration : Hommage à Ernest Ouandié, 55 ans après

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À Bafoussam et à Douala, des citoyens ont rendu hommage à Ernest Ouandié, exécuté le 15 janvier 1971. Cinquante-cinq ans après, sa mémoire reste un symbole vivant de la lutte pour l’indépendance et la dignité nationale.

Le temps a passé, d’Ernest Ouandié mais le nom demeure. Le 15 janvier 2026, à Bafoussam, des Camerounais se sont réunis pour commémorer le 55ᵉ anniversaire de l’exécution d’Ernest Ouandié. Figure centrale de la lutte indépendantiste, le nationaliste reste en effet, pour beaucoup, un repère moral et politique. Les participants ont insisté sur la nécessité de préserver la mémoire des héros nationaux, au-delà des discours et des dates symboliques.

Dans leurs interventions, plusieurs citoyens ont appelé les autorités à poser des actes concrets. Ils ont notamment évoqué la dénomination de rues, de places et d’édifices publics au nom des figures historiques, comme cela se pratique dans plusieurs pays européens. Pour eux, l’histoire nationale doit s’inscrire dans l’espace public et le quotidien des populations.

Profanation : La tombe d’Ernest Ouandié vandalisée

La cérémonie a ravivé le souvenir du 15 janvier 1971. En effet, ce jour-là à Bafoussam, Ernest Ouandié est conduit sur le lieu de son exécution. Il sourit, tandis que sa mère tente de croiser son regard. Malgré les menottes, il avance avec assurance. La foule, nombreuse, observe la scène dans un silence pesant, partagé entre effroi et admiration.

« Dites à mon épouse et à mes enfants que je n’ai pas trahi »

À ses côtés se tiennent Gabriel Tabeu, connu sous le nom de Wambo le Courant, et le jeune Raphaël Fotsing. Les bottes des soldats résonnent sur la place. Ernest Ouandié refuse qu’on lui bande les yeux. « Je veux regarder la mort en face ». Face au peloton, il prononce des paroles restées gravées dans l’histoire : « Je suis un homme heureux, je me souviens de la case de ma mère, des visages de mes oncles et de mes frères. Je suis heureux parce que j’ai été initié. Je suis heureux parce que je suis libre et jouis de ma pleine autonomie, celle que je veux pour ce pays … Vive le Cameroun, l’histoire jugera ! ». Peu avant, il avait confié à ses geôliers : « près moi, d’autres continueront le combat. Dites à mon épouse et à mes enfants que je n’ai pas trahi ». D’après certaines sources, les premières salves ne l’atteignent pas. Les secondes non plus. C’est après avoir déclaré « Que vive le Cameroun à jamais libre » qu’il est criblé de balles.

À Douala, au siège du Manidem, militants et sympathisants se sont également retrouvés pour honorer sa mémoire. Malgré la tristesse liée au décès d’Anicet Ekane, la mobilisation est restée forte. Valentin Dongmo parle d’« une atmosphère particulière et funeste ». Me Alice Nkom confie : « Anicet Ekane représente aujourd’hui mon Ernest Ouandié, parce qu’il en parlait tout le temps ». Cyrille Sam Mbaka conclut : « Le combat de Ouandié et Ekane n’est pas nul. Ils sont montés sur la colline, ils ont aperçu la terre promise et ils ont tracé le chemin. C’est au peuple de suivre le chemin ».

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