Certains individus ont pour passion, l’élevage de boas, vipères, crocodiles et autres. Ce qui suscite la curiosité des populations, surtout sur les risques sanitaires et les conséquences d’un tel partage de l’espace de vie.
Quartier New-Bell à Douala, Alhadji Baro est un originaire du Nord-Ouest. Dans la cour arrière de sa résidence. Une petite maison avec grillage héberge deux monstrueux boas. Et au loin une ancienne piscine transformée en un reptilium. Deux géants crocodiles y font le décor. Tous les 10 h du matin, 2 kilos de viande de bœuf leur sont servis tandis que deux poulets vivants sont balancés dans le local des boas.
A Bonabéri au lieudit Collège du Levant, un expatrié élève une gamme variée de serpents. Boas vipères et autres petits serpents. Ici, ces animaux sont dans de petites cages. Le maitre des lieux s’active tous les jours à leur donner à manger.
« Ce sont mes enfants. Et chacun a son nom. Donc il est facile de les distinguer. Et il y a des gens qui sont chargés uniquement de me livrer les provisions. Poulets, grenouilles, insectes, bref, l’approvisionnement est assuré. Le plus âgé ici c’est Pitou, petit nom donné à cette vipère qui pèse, nous dit-il, plus de 5 kilos et qui est là depuis 4 ans », nous explique D.N.
Fidèles compagnons
Chez Alhadji Baro, « ces deux boas, c’est le mâle et la femelle. C’est depuis 6 ans que je les garde là. Ils étaient d’abord dans mes plantations au Nord-Ouest. Compte tenu de leur poids maintenant je ne cours aucun risque de les sortir ».
« C’est pareil pour ces crocodiles. Ce sont mes amis. Ce sont mes fidèles compagnons. Aucun enfant ne les approche. Il y a un employé pour eux. Et lui-même ne peut tenter d’entrer là où ils sont, ils mangent chacun un poulet tous les deux jours », raconte-t-il.
Mordu par des serpents à 200 reprises pour aider à trouver un antivenin universel
Eviter de se faire mordre
Dans les rues, d’aucuns ont pris le plaisir de faire des séances de démonstration avec des serpents autour de leur cou. Et là, les experts sont formels : «Ces gens qui jouent avec les serpents, qui les arrêtent, qui les mettent autour du cou. Bon, à première vue, on dit tout de suite, c’est sûr que c’est des serpents non venimeux ».
Mais « il est possible que des gens puissent charmer les serpents et puissent bien les maîtriser au point d’éviter de se faire mordre », va expliquer le Dr Emile Zambou, vétérinaire.
Pour lui encore, les risques sont grands. « Il est quand même fort à craindre que, dans le cas des serpents venimeux, les morsures, comme ils ont du venin, puissent porter atteinte à la vie du compagnon s’il ne fait pas attention. Et évidemment, là on a des venins cardiotoxiques, hépatotoxiques et neurotoxiques, et également des venins neurotoxiques.. », nous renseigne-t-il.
















