La Haute autorité de santé (HAS) affirme à l’AFP que l’approche psychanalytique ne doit pas être privilégiée dans la prise en charge de l’autisme. Tranchant un débat de longue date entre associations de familles et certains professionnels de santé.
Publiées le 12 janvier 2026, ces nouvelles recommandations étaient très attendues par les familles et les soignants. Depuis 2012, la HAS n’avait pas publié d’avis majeur sur l’autisme. L’autorité indépendante, dont les avis servent de référence pour plusieurs politiques de santé en France, estime désormais que la psychanalyse dispose d’un « niveau de preuve insuffisant » pour être recommandée.
L’autisme, qui touche entre 1 % et 2 % de la population, regroupe des situations très variées. Marquées par des difficultés dans les interactions sociales et des comportements répétitifs ou obsessionnels.
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Une prise en charge centrée sur l’enfant et la société
Les recommandations vont au-delà du seul aspect thérapeutique. La HAS insiste sur la nécessité d’impliquer activement les familles et de donner un rôle central à l’école. Tout en privilégiant des approches comportementales et développementales, adaptées à chaque enfant dès la suspicion d’un trouble autistique.
« Il n’y a pas une méthode unique pour toutes les personnes autistes », a rappelé la psychiatre Amaria Baghdadli, co-présidente du groupe de travail de l’autorité, lors d’une conférence de presse.
Une polémique persistante sur la psychanalyse
Depuis les années 2010, associations et certains professionnels s’opposent sur la place de la psychanalyse face à l’autisme. Les familles dénoncent son inefficacité et son usage trop répandu. Notamment dans les centres médico-psychologiques (CMP). En revanche, de nombreux psychiatres et psychologues souhaitent conserver la possibilité d’approches variées. Soulignant la complexité des troubles et la difficulté d’évaluer scientifiquement certaines psychothérapies.
Danièle Langlois, présidente d’Autisme France, interrogée par l’AFP, estime que ces recommandations constituent « une avancée qui clarifie les choses », après des années de pratiques divergentes.
Vers une application plus contraignante ?
Le président de la HAS, le Pr Lionel Collet, a évoqué la possibilité de rendre ces recommandations juridiquement « opposables » pour éviter une perte de chance pour les enfants. Il a précisé que cela ne constitue pas une interdiction de la psychanalyse, mais renvoie la décision finale aux législateurs.
© Agence France-Press
















