L’affaire Pad et Sgs met au grand jour la guerre des clans qui met la République en péril. Décryptage d’une rocambolesque affaire qui défraie la chronique et ébranle la République.
Tout est parti du secrétaire général à la présidence de la République qui impose, avec le directeur général du port, une nouvelle société qui va remplacer la SGS dans le contrôle des marchandises au port de Douala. S’ensuit la réaction du ministre des Finances qui s’y oppose et bloque le processus et, par conséquent, le port.
Immédiatement le Sgpr convoque une réunion d’urgence et invite le même jour le Premier ministre, chef du gouvernement, à envoyer, toute affaire cessante, un représentant pour une réunion à la présidence de la République. Au ton triomphant, on apprend que c’est le clan ayant le directeur du port en vitrine, qui est sorti vainqueur de cette étape.
Revirement spectaculaire : le Premier ministre reprend le dossier en main. Il insiste sur le fait que le contrat de SGS ne peut être rompu par des gens qui ne l’ont pas signé.
*Joseph John Ngute réaffirme par ailleurs l’autorité de l’État sur la gestion des infrastructures stratégiques et tranché, ce jeudi 29 janvier lors d’une réunion de crise dans ses services, le contentieux opposant le Port autonome de Douala (PAD) à la Société générale de surveillance (SGS).
Compétence juridique
Le chef du Gouvernement ordonne formellement la poursuite du contrat liant l’État à la multinationale. Non sans rappeler avec fermeté qu’il n’appartient pas à la direction du Pad d’abroger un engagement contractuel de nature gouvernementale. Fort d’une convention signée en 2015 et légitimement prorogée jusqu’en 2032, la SGS est confirmée comme l’unique opérateur habilité à piloter les activités de scanning au Port de Douala.
Vérification des marchandises: la SGS entretient-elle le flou ?
Une décision qui vient clore le débat sur la compétence juridique en la matière et sécuriser le cadre opérationnel de la principale porte d’entrée maritime du pays. Pour de nombreux observateurs, « le PM, chef du gouvernement, enterre les » hautes instructions » du sgprc. En tranchant en faveur du respect de la légalité contractuelle dans l’affaire » Sgs et Transatlantic » au Pad », le PM a mis à nu les manœuvres mafieuses de la » Présidence » ou des » hautes instructions ». De l’affaire suscitée, il apparaît clairement que les « fameuses hautes instructions » ne sont très souvent que des formules de brimades et de trafics d’influence pour faire main basse sur la fortune de l’Etat ou prendre des décisions intéressées ».
Ils poursuivent : « Alors qu’on annonce ses jours désormais comptés à la Primature, Dion Ngute a fait savoir au Sgpr et sa clique qu’il est le chef du gouvernement. A ceux qui le réduisaient au simple rôle de figurant, le PM rappelle qu’il n’est pas « la marionnette de la Présidence ». A preuve, c’est de la Primature que la SGS est rétablie dans ses prérogatives au Pad ».
Leçons à tirer
« Paul Biya serait victime de l’incompétence, du sabotage, de la concussion de ses proches collaborateurs », croient ces observateurs avisés. Eux qui croient que « la première leçon à tirer de l’affaire Sgs est que le chef de l’État est entouré de quelques collaborateurs véreux, prêts à tout pour préserver leurs intérêts ».
Car « comment imaginer que tout un Sgpr ait ignoré le principe simple du parallélisme des formes et des procédures dans la prise d’une décision administrative ? Et ce conseiller économique de Paul Biya qui préside une rencontre en feignant d’ignorer les termes d’un accord passé par l’Etat, cet officier général qui délaisse l’honneur militaire pour prêter son autorité à la mafia. « Cet entourage de Paul Biya n’est pas du tout bon », se questionnent ils.
















