Les élèves des régions anglophones du Cameroun (Noso) ont repris le chemin de l’école le lundi 5 octobre. Après un mois de septembre marqué par un bain de sang continu, avec à la clé une trentaine de morts. Rattraperont-ils le retard d’un mois qui les sépare désormais de leurs camarades francophones ?
Les élèves des régions anglophones pourront-ils rattraper le retard considérable sur leurs camarades des régions francophones ? C’est la question qui pend sur toutes les lèvres depuis la reprise des classes dans le Noso lundi dernier.
En effet, c’est le 5 octobre que les établissements ont rouvert les portes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (Noso). Deux régions camerounaises ravagées depuis décembre 2016 par un conflit armé très sanglant. Le « lock-down » imposé avec succès par des séparatistes
Dans les huit autres régions du pays, tous francophones, les cours ont repris depuis le 7 septembre dernier. Pour le compte de la rentrée scolaire 2026-2027.
Seulement, les combattants séparatistes du Noso avaient imposé le « lock-down » dans les territoires où ils opèrent. Synonyme d’interdiction de toute activité, y compris scolaire.
Et par conséquent, les parents n’avaient pas voulu courir le risque d’envoyer les enfants à l’école. Les élèves et les enseignants étaient donc restés dans leurs domiciles respectifs. Perdant quatre longues semaines de cours en zones francophones.
Une trentaine de victimes en un mois
Pendant ces trente jours, les armes n’ont pas cessé de tonner de part et d’autre. Des présumés combattants ont régulièrement pris pour cible des hommes en tenue, mais aussi des civils.
Au total, une trentaine de personnes ont été tuées au cours de cette période dans les deux régions. D’après le politologue Aristide Mono. Un véritable bain de sang qu’il y a lieu de stopper au plus vite.
Des dispositifs stratégiques pour rattraper le retard
Si le rattrapage du temps perdu – et donc des programmes scolaires – semble relever d’un miracle, certains acteurs régionaux y croient. Et s’activent en vue de l’atteinte de ce défi.
« On a mis en œuvre des dispositifs et des stratégies pédagogiques. Pour veiller à ce que tout le programme soit accompli avant la fin de l’année. Donc on a ajusté tous les emplois de temps. », a confié un responsable régional cité par radio Equinoxe.
Et d’ajouter : « On a eu des réunions avec les proviseurs, les chefs de département. Et on a mis en œuvre tous les outils pédagogiques. On a aussi demandé aux proviseurs d’ajouter des heures si c’est possible. Ce n’est pas facile, mais il faut des sacrifices, et les enseignants sont prêts à faire ces sacrifices. »
Une situation toujours volatile
La levée du lock-down par les séparatistes a eu pour effet la lente reprise de la vie. Comme en témoignent les rues animées et l’affluence dans les marchés de Bamenda au petit matin du mardi 06 octobre.
Toutefois, la plupart des observateurs n’y voient guère le signe d’une décrispation durable. Se référant alors aux expériences des années antérieures. Les parents, eux, sont toujours gagnés par l’inquiétude persistante. Du fait de la situation volatile.












