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Le PSG met fin au bras de fer avec Mbappé en renonçant à faire appel

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Le PSG met fin au bras de fer avec Mbappé. Après deux ans et demi d’un conflit juridique qui a mis à nu les fragilités du club face à l’un de ses joueurs les plus emblématiques, Paris renonce à faire appel de sa condamnation. Ce geste ferme clôt l’un des feuilletons les plus lourds et les plus révélateurs du football moderne.

Le club accepte donc de verser près de 61 millions d’euros à Kylian Mbappé, somme fixée mi‑décembre par les prud’hommes pour salaires, primes et congés non réglés à la fin de son contrat en 2024.

Ainsi s’achève un bras de fer qui dépassait largement la simple question financière.
Il racontait une rupture, un désaccord profond sur la loyauté, la parole donnée, la gestion d’un patrimoine sportif et symbolique.
Il révélait aussi la difficulté d’un club‑entreprise à gérer la sortie d’un joueur devenu, en quelques années, l’incarnation même de son projet.

Un renoncement stratégique

Le PSG justifie sa décision par un souci de « responsabilité » et la volonté de « mettre un terme définitif à une procédure qui n’a que trop duré ».
Le communiqué transmis à l’AFP insiste sur un club « résolument tourné vers l’avenir », comme si la page devait être tournée d’un geste ferme, presque libérateur.

Ce renoncement n’est pas anodin.
Le club disposait encore de plusieurs jours pour faire appel.
Il choisit de ne pas utiliser cette marge. Il choisit de clore.

Le silence du camp Mbappé, contacté par l’AFP, ajoute une dernière note de distance, presque de lassitude.
Comme si, pour le joueur aussi, l’heure n’était plus à la confrontation mais à la clôture.

Une procédure lourde, un jugement complexe

Le 16 décembre, les prud’hommes avaient rendu une décision à la fois sévère et nuancée.
Sévère, car le PSG devait régler immédiatement les sommes dues, l’exécution provisoire rendant tout appel non suspensif.
Nuancée, car les juges refusaient de requalifier les CDD du joueur en CDI, ce qui aurait ouvert la voie à une indemnisation colossale de 263 millions d’euros.

Le club, de son côté, réclamait 440 millions d’euros, invoquant un préjudice d’image, une perte de chance sur un transfert et une mauvaise foi présumée dans l’exécution d’un accord verbal de 2023.
Toutes ces demandes ont été rejetées.

La semaine dernière encore, un huissier avait rappelé au club qu’il restait 5,9 millions d’euros à verser.
Le PSG s’en est acquitté, selon une source proche du dossier.

Me Renaud Semerdjian, avocat du club, affirme que le PSG a rempli toutes ses obligations et souligne que le club n’a jamais contesté la publication du jugement.

La bataille de l’image

Malgré la condamnation, le PSG insiste sur un point : les prud’hommes ont débouté Mbappé de toutes ses accusations de harcèlement moral, travail dissimulé, exécution déloyale du contrat ou manquement à l’obligation de sécurité.
Pour le club, ces allégations étaient « totalement infondées ».

Cette précision n’est pas anodine.
Elle vise à préserver une forme d’intégrité institutionnelle, à rappeler que le litige portait sur des obligations contractuelles, non sur des comportements fautifs.
Le PSG affirme avoir « toujours agi de bonne foi ».
Il souligne que les juges ont reconnu l’existence d’un accord verbal, même s’ils n’en ont pas tiré de conséquences juridiques.

Un dossier qui se délite, mais ne disparaît pas

Si la procédure principale se referme, un autre volet reste ouvert.
Lundi, le tribunal judiciaire doit examiner une audience d’orientation demandée par le PSG contre une décision de la LFP.

Retour en septembre 2024 : la commission juridique de la Ligue avait ordonné au club de verser 55 millions d’euros au joueur. La commission d’appel avait confirmé. Le PSG avait refusé et assigné la LFP.

Selon une source proche du dossier, un renvoi devrait être demandé.
Le conflit n’est donc pas totalement éteint. Il se délite, mais ne disparaît pas.

Une rupture longue, progressive, presque inévitable

Pour comprendre la portée symbolique de cette affaire, il faut revenir à l’été 2023.
Mbappé, au PSG depuis 2017, refuse de prolonger son contrat.
Le club l’écarte du groupe professionnel.
Le geste est fort, presque brutal.
Il révèle une tension profonde entre la stratégie du club et la volonté du joueur de maîtriser son destin.

Réintégré après la première journée, Mbappé annonce en février 2024 son départ à venir.
La relation se refroidit encore. Le divorce devient inévitable.

Son départ, au printemps, se déroule sans faste. Pas de cérémonie officielle. Pas d’adieux orchestrés. Seuls les ultras d’Auteuil lui offrent un hommage de quelques minutes.

Un épilogue qui dit beaucoup

En renonçant à faire appel, le PSG acte la fin d’un cycle.
Il reconnaît, implicitement, que la bataille judiciaire ne pouvait plus servir son projet.
Il choisit de solder, de refermer, de repartir.

Cette décision marque aussi la fin d’une relation qui aura façonné l’identité du club pendant près d’une décennie.
Elle rappelle que, dans le football contemporain, les liens entre un joueur et une institution peuvent être puissants, mais aussi fragiles, soumis aux logiques contractuelles, aux stratégies économiques, aux egos et aux ambitions.

Le litige se termine.
Le symbole demeure.

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