À partir du 15 mars 2026, le gouvernement va intensifier sur tout le territoire national des opérations coup de poing contre la fraude à l’énergie électrique. Une offensive annoncée à Yaoundé par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, dans un contexte de réorganisation du secteur après la renationalisation d’Eneo.
Le gouvernement camerounais durcit le ton face à la fraude à l’énergie électrique. Dans un communiqué publié le 5 février 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a annoncé l’intensification prochaine des opérations de contrôle sur l’ensemble du territoire national. Ces actions, menées en collaboration avec le concessionnaire du service public de l’électricité, débuteront dès le 15 mars prochain.
Ces opérations coup de poing s’inscrivent dans les principales mesures engagées dans le contexte post-renationalisation d’Eneo. Elles visent, avant tout, à réduire les pertes commerciales du secteur et à faire respecter la loi. La fraude électrique constitue en effet un manque à gagner considérable pour l’État. Selon les estimations officielles, elle entraîne une perte annuelle supérieure à 60 milliards de francs CFA, au détriment des investissements et de l’amélioration du service public.
Risques humains
Au-delà de l’impact économique, les autorités alertent également sur les risques humains. Les branchements clandestins et installations non conformes sont régulièrement à l’origine d’incendies et de cas d’électrocution, parfois mortels. Une situation jugée préoccupante par le ministère, qui appelle à une prise de conscience collective. Le ministre invite ainsi tous les utilisateurs clandestins à procéder sans délai à la régularisation de leurs compteurs et installations. Il en appelle au sens de la responsabilité et au civisme des consommateurs, dans l’intérêt général.
Cette lutte contre la fraude n’est pas nouvelle. En 2020 déjà, Eneo rappelait l’ampleur du phénomène et proposait des sanctions renforcées. La même année, environ 60 « barons » de la fraude avaient été traduits devant la justice, tandis que plus de dix agents de l’entreprise étaient licenciés pour complicité. Pour les autorités, l’éradication de la fraude électrique demeure un enjeu majeur de gouvernance et de crédibilité de l’État.
















