La crise sociale à la mairie d’Edéa 2ᵉ prend une tournure plus grave. En grève depuis plusieurs semaines, pour réclamer 26 mois de salaires impayés, les agents communaux accusent désormais le maire d’abandon du service public, d’injustice dans le paiement des salaires et de mépris envers le personnel.
La tension ne retombe pas à la mairie d’Edéa 2ᵉ. Depuis la mi-décembre 2025, le personnel communal observe un mouvement de grève pour protester contre le non-paiement de leurs salaires. À ce conflit social déjà ancien s’ajoutent aujourd’hui de nouvelles accusations portées par les grévistes.
« La mairie ne fonctionne pas. Le maire est chez lui et ne vient qu’une fois par semaine », confie un agent en grève. Selon plusieurs témoignages recueillis sur le site du sit-in, les employés dénoncent une gouvernance qu’ils jugent distante et méprisante, alors que la situation sociale devient de plus en plus critique.
Des agents à bout, exposés et fragilisés
Installés devant la mairie, souvent sous la pluie ou le soleil, les agents poursuivent leur mouvement dans des conditions difficiles. Certains évoquent une détérioration inquiétante de leur état de santé. « Nous avons la mairie qui a le plus fort taux de mortalité en ce moment. Les collègues meurent », alertait déjà un responsable syndical en décembre.
Au-delà de la précarité immédiate, l’angoisse concerne aussi l’avenir. « Nos enfants sont à l’université, qu’est-ce qu’on va en bénéficier ? Si on part à la retraite, qu’est-ce qu’on va toucher, puisque nos cotisations CNPS ne sont pas reversées ? », s’interroge un agent, visiblement éprouvé.
Des choix de gestion vivement contestés
Les grévistes dénoncent également des décisions qu’ils jugent injustes. Selon eux, alors que les agents permanents n’ont pas perçu de salaire depuis 26 mois, trois mois de salaires auraient été versés à des employés temporaires, présentés comme étant majoritairement des proches du maire.
« Au lieu de payer les employés permanents en grève, il a choisi de nous menacer, en parlant de sanctions et de licenciements », affirment ils.
Plus troublant encore, les agents soutiennent que le maire aurait perçu lui-même trois mois de rémunération — octobre, novembre et décembre 2025 — alors que les arriérés du personnel restent impayés.
Une question de responsabilité légale et morale
Cette situation soulève, selon les grévistes, une véritable question de responsabilité. « Le maire ne réclame pas d’arriérés, il s’est fait payer. Lui, il a tout pris », résume un agent.
Les employés s’interrogent aussi sur la gestion des finances communales. Ils évoquent notamment la dotation générale de fonctionnement et les centimes additionnels communaux. « L’année passée, la commune a reçu environ 162 millions de francs CFA pour le fonctionnement. Notre masse salariale annuelle est inférieure à 60 millions. Pourquoi ne pas nous payer ? », demandent-ils.
Silence persistant de l’exécutif communal
Face à ces nouvelles accusations, le maire reste silencieux. Dans une précédente sortie médiatique, il avait reconnu l’existence des arriérés tout en les minimisant, évoquant des conflits internes et des difficultés administratives.
En attendant une réponse concrète et un dialogue apaisé, la mairie d’Edéa 2ᵉ continue de fonctionner au ralenti. Pour les agents communaux, une seule priorité demeure : le paiement des salaires dus et le respect de leurs droits, dans un climat social devenu explosif.
















