À la veille de la Saint-Valentin, les vitrines se parent de rouge et les restaurants affichent des menus spéciaux. Pourtant, dans les rues de Douala, nombreux sont ceux qui affirment ne pas accorder d’importance particulière à cette célébration.
À quelques heures de la Saint-Valentin, l’effervescence est visible dans certaines vitrines du centre-ville. Peluches écarlates, bouquets de roses soigneusement emballés, affiches promotionnelles promettant des « offres spéciales couples ». De Bonapriso à Akwa, ou encore de Bonamoussadi à Bonanjo, des restaurateurs ajustent leurs tables et peaufinent des menus dédiés.
Pourtant, le constat revient, plusieurs habitants interrogés disent ne pas attacher de prix particulier à la date du 14 février. Pour eux, la Saint-Valentin est perçue comme une fête importée, un prétexte commercial, et non comme une tradition locale. « L’amour ne se prouve pas un seul jour », confie Mireille, employée dans une boutique d’électroménager au marché Chinois. Pour elle, la pression autour des cadeaux et des sorties romantiques crée plus d’attentes que de sincérité.
«Ce n’est pas le moment de penser aux roses »
Dans un contexte économique tendu, plusieurs habitants estiment que la fête représente une dépense superflue. Sur un parking de moto-taxis, Serge, casque à la main, réagi : « Avec le coût de la vie, il y a plus urgent que d’acheter des fleurs ou du chocolat », il poursuit en disant : « En ce moment, les priorités sont ailleurs. Le loyer, la scolarité des enfants, la nourriture… Ce n’est pas le moment de penser aux roses ».
Certains couples préfèrent la discrétion. Clarisse, employée de bureau, explique qu’elle et son compagnon ne prévoient rien de particulier. « Peut-être un repas simple à la maison. Mais on ne se met pas la pression. » Pour elle également, la célébration apparaît comme une dépense non essentielle.
Ce désintérêt ne signifie pas un rejet de l’amour. Cependant pour beaucoup à Douala, l’essentiel réside dans la constance des gestes et l’attention portée tout au long de l’année. Une chose est sure, la Saint-Valentin ne fait pas l’unanimité dans la capitale économique.
















