La disparition de Consty Eka a provoqué une onde de choc dans le monde culturel et médiatique africain. Tour à tour, artistes, écrivains et journalistes ont pris la parole pour saluer un frère, un mentor, un pionnier.
Dès l’annonce de son décès, le musicien congolais Koffi Olomide, très proche du défunt, a d’abord confirmé les circonstances de son décès avant de lui rendre un hommage chargé d’émotion.
« Il était d’une bonté exceptionnelle »
« Mon ami, mon frère, Consty Eka… Tu n’étais pas seulement un grand homme des médias, tu étais une âme généreuse, un cœur vrai. Derrière le micro, il y avait un ami fidèle, attentif, toujours prêt à tendre la main. Ta voix nous guidait, ton sourire nous réconfortait. Tu pars trop tôt, laissant en nous une douleur immense, mais aussi la richesse de tout ce que tu nous as donné. Repose en paix, Consty. Tu resteras à jamais dans nos cœurs. Merci pour tout Consty. »
L’artiste musicienne de bikutsi Chantal Ayissi, bouleversée, évoque celui qui a contribué à sa carrière internationale. « Consty Eka, l’homme qui a fait de moi l’artiste internationale que je suis aujourd’hui. Noël en couleur et autres…Mince ! Donc c’est vrai. J’appelle ton téléphone tu ne me réponds plus ? Ekiééé ! Quelle mauvaise nouvelle ! Mince !Je n’ai pas de mot tu pars où ? Consty une douleur immense… Ekié, qu’est-ce qui s’est passé ? Triste !!! »
L’écrivaine camerounaise Calixthe Beyala, pour sa part, salue un frère de cœur et un professionnel hors norme. « Il était d’une bonté exceptionnelle ; d’une gentillesse sans borne ; d’un professionnalisme à couper le souffle. Il. C’est mon frère Consty Eka. Je l’appelais ainsi et j’avais droit à un Sita tout plein de tendresse. Il s’en est allé ce jour et mon cœur saigne. Et je regarde vers sa fille si talentueuse pour reprendre le flambeau. Il m’en parlait souvent. Repose en paix frérot. Nous ne t’oublierons jamais ».
«Tu m’as tant donné »
La journaliste Lile Piedjou, de Canal 2 International, livre un témoignage intime, évoquant un mentor et une figure paternelle. « À toi, Papounet , Consty Eka… Tu m’appelais coucou, petite fleur » et, à chaque fois, je me sentais vue, reconnue, protégée. J’étais ta filleule, oui… mais au fond, tu m’as fait le plus beau des cadeaux : tu m’as aimée comme ta fille.
Tu es entré dans ma vie au moment où je lançais Le mois au scanner sur canal 2 international. Tu m’as observée travailler, me battre, avancer avec peu de moyens mais beaucoup de fois tu as cru en moi avant même que je n’y croie pleinement. Et tu as décidé de m’accompagner. Sans bruit. Sans calcul. Avec générosité.
Tu m’as tant donné. Des conseils, des opportunités, de la confiance, une place. Tu m’as ouvert ton cercle, ton monde, ton private… Tu m’as appris l’exigence, la rigueur, la dignité dans ce métier. Grâce à toi, j’ai compris ce que signifiait vraiment servir l’audiovisuel africain, le construire, le défendre, le transmettre.(…) Quand tu es parti t’installer en Côte d’Ivoire, le lien n’a jamais cessé. J’étais dans la confidence. On s’écrivait. On se voyait dès que tu revenais. Tu étais là. Toujours . D’ailleurs tu m’attendais à Abidjan dans les prochains mois …pour me motiver tu m’as envoyé les belles images de la résidence qui allait m’accueillir…
Depuis l’annonce brutale de ton départ, je suis sous le choc. Mais au-delà de la douleur, il y a une gratitude infinie. Merci pour tout ce que tu m’as donné, pour ce que tu as donné à l’Afrique, pour ce que tu as semé, même sans reconnaissance suffisante.»
« Tu étais le Drucker »
L’animatrice camerounaise Beyala Kiki Solange exprime, elle aussi, sa douleur. « Pas de mots pour décrire la douleur que je ressens aujourd’hui… Mon grand frère Consty Eka tu es parti… merci pour tout… Tu as été le premier, le boss, le patron de la TV…
Repose en paix grand homme… »
Enfin, le journaliste Martial Bissog dresse le portrait d’un pionnier et d’un industriel du show-business africain. « Mon Consty Eka ! Mon grand frère. Non tu n’étais pas que le roi de la télé, tu étais la télé et je dirais même plus. Tu étais même plus, plus…Je te surnommais le premier industriel du show business Africain. Tu étais le Drucker, le Eddy Barclay ,le pygmalion de tout le monde. Tout le monde est passé par toi, de radio tabala , à la radio télé ivoirienne avec ton compère Junior. Je t’ai connu en 1994 à Abidjan Africar Musique Award ( que les mauvais copieurs ont copié). (…) Ton conseil ultime était que pour survivre dans ce monde de requins, il fallait être un peu égoïste et même plus, il fallait être « concentrique « . Tu étais un authentique Mvog Atangana -mba, et un Sawa noble. Et tu es devenu le tycoon. »
















