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Cameroun : L’AFP devant la justice après une plainte

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Après treize années de collaboration, le journaliste camerounais Reinnier Kazé poursuit AFP (l’Agence France-Presse) devant les tribunaux. Au cœur du litige : la nature de leur relation de travail et les conditions de la rupture.

L’Agence France-Presse (AFP), l’une des plus grandes agences de presse au monde, se retrouve au centre d’une procédure judiciaire au Cameroun. Son ancien correspondant local, Reinnier Kazé, a saisi la justice pour contester les conditions dans lesquelles leur collaboration a pris fin.

D’après des information rapportés par le médias en ligne Cameroun web, le journaliste affirme avoir travaillé pour l’agence française de 2009 à 2022. Il estime que la rupture de cette relation professionnelle ne respecte pas la législation camerounaise du travail. Selon lui, aucune compensation minimale ne lui a été proposée au moment de la séparation.

Pendant plus de treize ans, Reinnier Kazé a couvert l’actualité camerounaise pour l’AFP. Son travail portait notamment sur des sujets sensibles comme la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême Nord. En interne, il était présenté comme l’un des correspondants les plus productifs du continent.

Pourtant, fin novembre 2022, il reçoit une lettre signée du directeur régional de l’AFP à Libreville. Le courrier annonce la fin de la collaboration à compter de janvier 2023. L’agence justifie sa décision par une baisse du nombre de sujets proposés par le journaliste, jugée insuffisante au regard des honoraires versés.

Un argument que Reinnier Kazé conteste fermement. Il parle d’un motif « fallacieux » et s’étonne surtout de la manière dont l’AFP présente soudainement son statut.

La question du statut juridique

Dans sa réponse écrite, le journaliste dit ne pas reconnaître le statut de « prestataire de services pigiste non exclusif » que l’agence lui attribue. Selon lui, ce statut n’a jamais fait l’objet d’un contrat clair. Il affirme avoir, durant plusieurs années, demandé la formalisation écrite de sa relation avec l’AFP, sans succès.

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Il soutient qu’en l’absence de contrat, mais au regard de la régularité des paiements, du lien de subordination et de la continuité du travail, il était en réalité lié à l’agence par un contrat à durée indéterminée, conformément au droit camerounais. Il demande alors que la séparation se fasse dans le respect des règles du travail en vigueur au Cameroun.

Tentative de conciliation et échec

En 2023, face au refus de l’AFP de reconnaître ce cadre légal, Reinnier Kazé saisit l’Inspection du travail pour une tentative de conciliation. Lors des échanges, l’agence aurait proposé de lui verser 2,4 millions de Fcfa, soit environ trois mois de rémunération moyenne. Une proposition jugée insuffisante par le journaliste. La conciliation échoue officiellement en avril 2024, ouvrant la voie à une procédure judiciaire.

L’affaire devant les tribunaux

En mai 2024, Reinnier Kazé saisit le Tribunal de grande instance de la Mefou et Afamba. Dans son dossier, il fournit plusieurs pièces : attestation de travail, carte professionnelle AFP, ordres de mission, preuves de virements réguliers, échanges internes, et invitations liées à la vie du personnel.

Ces éléments, selon lui, prouvent qu’il ne s’agissait pas d’un simple prestataire indépendant, mais d’un salarié de fait. De son côté, l’AFP soulève d’abord une exception d’incompétence territoriale, contestant le lieu de résidence du journaliste.

Le parquet estime cette exception non fondée, mais la juge décide de l’examiner en même temps que le fond du dossier. En octobre 2025, l’agence avance un nouvel argument : selon elle, le litige relèverait du juge civil et non du juge social.

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Un débat qui dépasse le cas individuel

Pour sa défense, Reinnier Kazé rappelle que, même en droit français, la loi reconnaît le pigiste comme un travailleur salarié. Il souligne également qu’au Cameroun, aucun texte ne définit clairement le statut de pigiste, ce qui renforce selon lui l’application du droit commun du travail. Il affirme par ailleurs n’avoir jamais bénéficié de primes, d’avancement ou de cotisations sociales durant toutes ses années de collaboration.

La prochaine audience est fixée au 12 février. Cette affaire attire l’attention bien au-delà du cas personnel du journaliste. Elle soulève une question plus large : celle du traitement réservé aux correspondants locaux par certaines grandes agences internationales opérant en Afrique. L’issue de cette procédure pourrait faire jurisprudence et ouvrir un débat important sur les droits des journalistes locaux travaillant pour des médias internationaux.

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