L’ONG Human Rights Watch a averti mercredi que le président Donald Trump était en train de transformer les États-Unis en un État autoritaire alors que la démocratie et les droits humains sont attaqués de toute part.
Dans son rapport annuel, l’organisation de défense des droits humains (HRW), établie à New York, a estimé que le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche avait intensifié une « spirale descendante » en matière de droits humains, déjà sous pression de la part de la Russie et de la Chine.
« L’ordre international fondé sur des règles est en train de s’effondrer », s’est alarmé le groupe. Aux États-Unis, HRW juge que Trump a fait preuve d’un « mépris flagrant pour les droits humains et a commis des violations flagrantes ».
Dans des descriptions consacrées aux États-Unis qui auraient été impensables dans les rapports annuels précédents, le groupe a par exemple mis en avant le déploiement d’agents masqués et armés de la police fédérale de l’immigration (ICE), qui ont mené « des centaines de raids inutilement violents et abusifs » notamment à Minneapolis, dans le Minnesota.
« La désignation de boucs émissaires sur une base raciale ou ethnique par l’administration (…), les actes de représailles répétés contre des ennemis politiques présumés, ainsi que les tentatives pour étendre les pouvoirs coercitifs de l’exécutif et neutraliser les freins et contrepoids démocratiques, soulignent un glissement assumé vers l’autoritarisme aux États-Unis », souligne le rapport.
Human Rights Watch répète aussi ses conclusions selon lesquelles les États-Unis se sont rendus coupables de disparitions forcées – un crime au regard du droit international – en envoyant 252 migrants vénézuéliens dans une prison de haute sécurité au Salvador.
« Mauvais sens »
Pour l’organisation, la démocratie a reculé au niveau de 1985, quand l’Union soviétique existait encore. « La Russie et la Chine sont moins libres aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Il en va de même pour les États-Unis, dit le rapport.
« Avec la première année (du deuxième mandat) de Trump au pouvoir, l’histoire s’accélère dans le mauvais sens: tous les acquis, les progrès qui ont été réalisés de haute lutte pendant les dernières décennies sont aujourd’hui menacés », s’alarme Philippe Bolopion, directeur exécutif de HRW, dans un entretien avec l’AFP.
Pour HRW, la réponse doit venir d' »une alliance nouvelle, une alliance stratégique » de « puissances moyennes », réunies autour d’un « noyau commun de valeurs » démocratiques et de respect du droit international, comme le Canada, les pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon, l’Afrique du Sud, le Brésil, la Corée du Sud, ou encore l’Australie.
Le rapport de 529 pages tranche avec celui sur les droits humains publié récemment par le département d’Etat américain, qui a édulcoré les sections consacrées aux pays amis de Donald Trump comme le Salvador.
Human Rights Watch précise que la violence des gangs a « considérablement diminué » dans ce pays, mais que les autorités ont commis en 2025 « des violations généralisées, notamment des détentions arbitraires massives, des disparitions forcées, des actes de torture et des mauvais traitements à l’encontre de détenus, ainsi que des violations du droit à un procès équitable ».
Crimes contre l’humanité
Concernant Israël, le groupe dénonce à nouveau « des crimes contre l’humanité, des actes de génocide et de nettoyage ethnique » à l’encontre des Palestiniens de Gaza.
Selon lui, les autorités israéliennes ont « intensifié leurs atrocités » en 2025, notamment en « tuant, mutilant, affamant et déplaçant de force des Palestiniens et en détruisant leurs maisons, leurs écoles et leurs infrastructures à une échelle sans précédent dans l’histoire récente d’Israël et de la Palestine ».
Israël, avec le soutien de Washington, avait rejeté avec colère l’accusation de génocide formulée pour la première fois par Human Rights Watch en décembre 2024.
© Agence France-Presse
















