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Mbonjo : Le Marché vert, acte 3

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Mbonjo, petite localité située dans l’arrondissement de Fiko, département du Moungo, Littoral, a connu la 3ᵉ édition du Marché vert de Synaparcam. L’événement a eu lieu les 15 et 16 octobre 2026.

Ambiance de fête à Mbonjo le jeudi 15 octobre 2026. Les femmes rurales ont répondu massivement présentes au rendez-vous de la culture écologique. Avec des produits sans engrais chimiques. Il y avait donc du vert partout à l’espace marchand situé aux berges du fleuve Moungo.

Une agriculture sans engrais chimiques

Des régimes de plantain difficiles à compter, des sacs d’ignames et de patates en grande quantité. Du manioc à gogo, de l’huile rouge, des fruits, du concombre. Bref, le marché était bien fourni en vivres frais produits par des femmes venues de Malendé. Misselele, Pendamboko, Dibombari, Mbonjo, Missaka.

Pour les organisateurs, c’est un grand moment pour la promotion d’une agriculture sans engrais chimiques. Et la valorisation des efforts de la femme rurale. Celle qui représente plus de 40 % de la main-d’œuvre agricole.

Mirabelle Nguenya rencontrée pour la troisième fois, est précise. « C’est moi-même qui produis tout ce que vous voyez là. Il y a le plantain, les ignames et des macabos. C’est pour vous dire que la femme rurale ne dort pas », va-t-elle nous expliquer.

La femme reste un pilier

Faisant le tour du marché, l’autorité administrative n’a pas manqué de mots : « Les femmes ont fait une démonstration d’une dynamique. Donc, aujourd’hui, on a vécu une journée tellement satisfaite par les œuvres. Et ce dont elles ont pu nous montrer pour leur innovation ».

« On nous amène déjà à comprendre que la femme reste un pilier. Sans la femme, nous ne pourrons tenir et vivre dans le social. On a fait le tour des stands, l’œuvre des femmes était remarquable. Leurs biens, leur façon de faire de façon naturelle nous encouragent à vivre. Et avoir de la nourriture bio », va déclarer Frank Eric Mvele Biya, adjoint au sous-préfet de Fiko.

Pour dame Makolé, « Il y a deux ans, à la première édition, j’ai fait l’expérience de prendre leurs aliments, les denrées, et j’ai déposé chez moi. On sait comment il fait chaud à Douala, mais ça a tenu, ça n’a pas pourri et ce n’était pas au frais. Je me rends compte qu’il y a de très belles choses ici et il faut vulgariser », a laissé entendre l’épouse du chef supérieur du canton Abo Sud présente à la cérémonie d’ouverture.

La diversification agricole rentable 

Et la journée du 16 octobre 2026 a été marquée par d’autres activités toujours organisées par la Synaparcam. Notamment un débat et une table ronde pour essayer de voir « comment créer une dynamique de marché attractive » et un débat sur « la diversification agricole rentable ». Les activités se sont clôturées par la remise de prix aux groupes de paysannes méritantes.

Il est à noter que cette édition avait une particularité : « La particularité cette année, c’est que nous avons eu l’arrivée du village Mpondo, qui est de l’arrondissement de Fiko, qui n’était pas là les années antérieures. Ça montre que le marché est en train d’aller de l’avant. Les paysans partent des villages plus éloignés pour se retrouver ici. Donc, il y a deux arrondissements de la région du Sud-Ouest et deux arrondissements de la région du Littoral », va expliquer, Emmanuel Elong, président de Synaparcam.

Pour revenir sur la participation, 17 groupes de femmes ont participé à la parade. Ces groupes de femmes viennent pratiquement de Dibombari, de Fiko, de Bonaléa, de Tiko et de Muyuka.

Village Mbonjo : Une femme, une poule du village

Un marché sous fond de doléances

La femme rurale de Synaparcam a soulevé 3 points essentiels. D’abord le problème des terres cultivables en demandant la rétrocession d’une partie des terres non exploitées par la CDC. « Sans terre nous ne sommes rien », avons-nous entendu de sa bouche.

Ensuite l’allègement des souffrances : « un moulin pour écraser le manioc, un forage pour avoir de l’eau propre, c’est la vie qui change ». dit-elle.

Enfin le problème de financements et la formation : « Donnez-nous des crédits, des formations Nous savons travailler… donnez-nous la chance et vous verrez ce que la femme du bassin agricole Mbonjo-Pendamboko peut faire », des mots adressés au représentant du sous-préfet.

Les populations réclament l’espace vital

Revenant sur l’épineux problème des terres confisquées, Emmanuel Elong a été clair : « Concernant le problème des terres, les populations réclament l’espace vital. On parlait de ce problème vulgairement comme ça, mais cette année, dans les discours qui ont été prononcés, on a pointé du doigt l’agro-industrie, la CDC. Parce qu’il y a encore des espaces non exploités sur notre territoire. Donc, on va réclamer, à travers ce que le sous-profit a dit, que la CDC doit nous rétrocéder une partie de ces terres non exploitées en faveur de l’agriculture familiale », dit le président de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun.

Autre fait majeur, les prix remis aux paysannes méritantes. Celles qui ont passé une tranche de leur vie dans les champs et qui ont transmis leur savoir-faire à d’autres générations. Et « les années prochaines seront encore plus prometteuses » va dire à la fin Emmanuel Elong.

un marché et des récompenses
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